Copyright et droit d’auteur

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Depuis début Juillet, je me suis trouvée malgré moi prise dans une mésaventure lié à l’utilisation frauduleuse d’un de mes patrons qui m’a permis de réfléchir à ma position sur le droit d’auteur et l’utilisation de mes patrons de tricot. Afin de bien comprendre le problème, je vais donc raconter ce qui m’est arrivé, mais tout d’abord je tiens à préciser que la totalité de mes patrons sont distribués sous une licence Creative Commons :

Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions
CC BY-NC-SA

Cette licence permet aux autres de remixer, arranger, et adapter votre œuvre à des fins non commerciales tant qu’on vous crédite en citant votre nom et que les nouvelles œuvres sont diffusées selon les mêmes conditions.

La plupart des patrons de tricot possèdent la mention  » réservé à un usage personnel et non commercial, ne pas reproduire, distribuer ou vendre  ce patron ni les produits fait à partir de ce patron. » J’ai volontairement choisi une licence plutôt ouverte, sachant que les patrons sont souvent partagés entre amis et que comme un bon livre, on aime les faire circuler autour de soi quand on les a apprécié.  Je pense aussi que faire connaitre et apprécier mon travail largement est plus important que de se faire payer pour tous les exemplaires, vendus ou prêtés.  Cependant, il y a des limites et l’utilisation commerciale de mon patron.  La vente du patron French Cancan n’est pas possible sans mon autorisation préalable, que ce soit pour le vendre sous forme papier ou numérique, en Kit avec de la laine ou autres. Si vous trouvez un jour mon patron en vente dans une boutique, c’est normalement que la personne qui tient cette boutique m’a rémunérée, souvent à des conditions avantageuses pour elle, car si on m’achète plusieurs exemplaires d’un seul coup j’applique un prix de gros, ou via le programme LYS (=Local Yarn Store) de Ravelry.

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(c) Elise DUPONT

Fiberista Club

Il y a quelques semaines, une inconnue me contacte via Ravelry, elle a été membre d’un club nommé Fiberista qui envoie chaque mois de la laine et des patrons à  leurs abonnés depuis la ville de Chicago.  Or elle soupçonne le responsable de ce club de n’avoir pas vraiment payé les designers pour distribuer leurs patrons via une Newsletter dans laquelle tous les patrons étaient accessibles en fichiers pdf.  En effet, je remarque que Fiberista ne m’a acheté qu’ un exemplaire du French Cancan et j’apprends ainsi qu’il a été distribué à un nombre indéfini d’abonnées (environ 300 selon ma source).  Au début, je me dis que ça n’est pas la peine de lutter, que certains profiterons toujours du système et je décide de ne rien faire.  Mais au fur et à mesure que l’affaire est révélée, grâce à la persévérance et à la ténacité d’un groupe de défense des consommateurs sur Ravelry, Deamon Troll,  je découvre que ce sont près de 115 designers qui ont ainsi été volé pendant plus de 3 années. Il y a parmi eux des petits designers indépendants comme moi, mais aussi de grands noms du design américain comme Brooklyn Tweed. Galvanisée par l’énergie de ce groupe de consommateurs (à la base des membres de Fiberista Club) je décide de me lancer dans la bataille pour obtenir  d’abord des chiffres et puis une compensation financière.  Aidée par d’autres designers, dont Annette Pétavy ou Aiobhe Ni, je demande des comptes et finis par obtenir une compensation pour quelques patrons (sans vraiment savoir si ce chiffre est vrai). Entre temps, le scandale à pris de l’ampleur, il est passé par le compte Twitter d’Ysolda (suivi par plus de 20 000 abonnés) qui ne faisant pas partie des designers lésés à quand même jeté l’opprobre sur le créateur de Fiberista et les membres du club.  Ce dernier a tenté diverses stratégies, passant de la conciliation à l’attaque judirique.  Il a surtout minimisé ses fautes dans un message d’excuse à ses clients qui laissait penser qu’il n’avait pas vraiment conscience du vol commis.

(c) Seb LASCOUX

(c) Seb LASCOUX

L’épilogue de cette aventure s’est  soldé par un article dans un journal local de Chicago. Il y aura peut-être encore d’autres répercutions à ce feuilleton. Au final ça m’a permis de mener une réflexion approfondie sur le droit d’auteur et l’utilisation de mes patrons.

Je reste convaincue qu’il faut que leur utilisation soit assez libre et souple, pour que ceux qui veulent simplement partager leur passion puissent le faire légalement.  Mais les abus sont nombreux. Comme ce scandale français du serveur informatique d’un tricot thé qui hébergait des centaines de patrons gratuitement, le problème est avant tout dans le manque de respect de certains pour le travail des autres.  Dans le doute, sur l’utilisation d’un patron ou son partage, vous pouvez toujours demander des précisions avant de vous lancer dans une entreprise qui pourrait être prohibée.  Si le monsieur de Fiberista m’avait contacté avant d’utiliser mon patron, nous aurions sans doute trouvé un arrangement.  Aujourd’hui j’ai reçu une demande simple, une personne souhaitais tricoter le French Cancan afin de le vendre, je lui ai donnée une réponse positive, pour moi tricoter mon patron relève d’une interprétation personnelle et vous pouvez donc vendre une création qui au final reste la votre, mais en citant mon patron comme source.  C’est aussi simple que ça, le droit n’est pas une science exacte et le droit d’auteur encore moins.  Dans le doute, pensez à contacter le créateur.  Je l’ai fais moi aussi lorsque j’ai emprunté des parties de patrons des autres pour créer mes propres modèles.

Pour mettre à tous d’acheter mon patron French Cancan et pour remercier la communauté tricot de Ravelry, ceux qui m’ont alertée, soutenue et aidée, je propose le French Cancan à moitié prix jusqu’au 20 Août avec le code FIBERISTA sur Ravelry ou en utilisant ce lien direct.

 

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